Infos, récits et éclairages
31 août 2026

6 septembre : un Jour du Dépassement Plastique plus tardif, mais davantage de déchets mal gérés
Le Jour du Dépassement Plastique 2026 tombe le 6 septembre, un jour plus tard qu’en 2025, soit le moment où la production annuelle de déchets plastiques dépasse la capacité mondiale à les gérer.
Cette date plus tardive reflète un réel gain dans la capacité de gestion des déchets. Ce gain ne suffit toutefois pas à compenser la tendance de fond : cette année, 31,6 % des déchets plastiques mondiaux, soit près de 72 millions de tonnes, seront mal gérés, soit deux millions et demi de tonnes de plus qu’en 2021.
Sur la même période de cinq ans, la production mondiale de déchets plastiques est passée de 202 à 227 millions de tonnes, progressant plus vite que les systèmes de gestion n’ont pu suivre. Le rapport 2026 d’EA détaille la date de dépassement de chaque pays et présente ce que le traité mondial sur le plastique de l’ONU doit inclure pour combler cet écart.

Exploiter tout le potentiel du traitement des eaux usées : le rôle clé de la capture des microfibres dans une gestion efficace des boues
En juillet, nous avons publié From Shedding to Solutions (FSTS), notre modélisation de la pollution par les microfibres tout au long de la chaîne de valeur textile et des leviers disponibles pour la réduire. Un résultat était facile à mal interpréter : le traitement tertiaire universel des eaux usées ne réduit les fuites totales de microfibres que de 6 %.
Pris isolément, ce chiffre semble décevant. Il ne l’est pas : les fibres captées ne disparaissent pas, elles sont redirigées vers les boues, et la plupart des boues ne sont pas encore éliminées de manière sécurisée.
Dans un nouvel article coécrit avec Matter, nous réunissons le traitement des eaux usées et la gestion des boues pour montrer ce que les graphiques séparés du rapport risquaient de sous-estimer : combinés, ces deux leviers permettent, selon la même modélisation, une réduction de 94 %, à seulement un point du scénario Idéal du rapport.
Lire l’article
Lire le rapport From Shedding to Solutions complet
Le PPWR s’applique. Ses objectifs, pas encore.
Le 12 août 2026 est passé comme la grande date d’application du droit européen des emballages, largement perçue comme le moment où les objectifs de réduction, recyclage et réutilisation sont devenus contraignants.
Dans les faits, rien de tout cela n’est encore vrai : les véritables objectifs démarrent en 2030, et la règle permettant de vérifier si les objectifs de réutilisation sont réellement atteints n’est attendue qu’en 2027. Un taux de réutilisation ne suffit pas à savoir si la réutilisation fait ce pour quoi elle existe en partie : réduire la pollution plastique.
Une empreinte plastique, si, et les données que le PPWR impose déjà de déclarer couvrent une grande partie de ce dont un calcul d’empreinte a besoin. EA travaille à rendre cette méthodologie accessible via le Plastic Footprint Network.
Vos vêtements relâchent des microfibres – et les régulateurs arrivent
Dans une nouvelle tribune publiée par FashionUnited, Sarah Perreard, co-CEO d’Earth Action, revient sur les conclusions du rapport From Shedding to Solutions : la seule production textile relâcherait environ 92 000 tonnes de microfibres par an, et même après traitement des eaux usées, 63 % d’entre elles atteindraient tout de même l’environnement.
Elle retrace la vague réglementaire déjà en cours, des étiquettes obligatoires et des surtaxes REP en France jusqu’à la directive européenne Empowering Consumers et l’exigence à venir de passeport numérique du produit, et pointe un risque moins connu : le polyester recyclé peut relâcher autant, voire plus, de microfibres que le polyester vierge, ce qui fragilise les allégations de durabilité construites autour de lui. Sa conclusion : les marques peuvent mener cette transition, ou la subir.
L’éco-conception, un levier de différenciation pour le secteur horloger
Vincent Duffau, Business Strategist chez Earth Action, interviendra au Séminaire Reach & RSE le 10 novembre 2026 à Neuchâtel. Engagé dans la transformation durable et la transparence des chaînes de valeur, il aide les organisations à intégrer les enjeux environnementaux au cœur de leur modèle d’affaires.
Il présentera le travail d’Earth Action, de l’analyse de cycle de vie et écoconception pour l’horlogerie, au développement méthodologies, outils et facteurs d’émission propres au secteur, et la fédération des marques et fournisseurs pour harmoniser les pratiques.
Programme et inscription sur https://scbt.ch/.
À ne pas manquer
Rattrapez les derniers rapports et articles clés :
Les microplastiques réduisent la biodisponibilité des nutriments en se liant aux protéines et aux lipides alimentaires lors de la digestion
Microplastics as an environmental driver of impaired nutrition
Une étude en laboratoire montre que des particules plastiques courantes, dont le HDPE et le PTFE, adsorbent les protéines et les lipides alimentaires dans des conditions gastro-intestinales, réduisant leur biodisponibilité et altérant l’absorption des nutriments in vitro. Ces résultats identifient une voie jusqu’alors méconnue par laquelle l’ingestion de microplastiques pourrait contribuer à des carences nutritionnelles et à des dysfonctionnements métaboliques.
Les données épidémiologiques reliant les substances chimiques plastiques à des effets nocifs sur la santé humaine continuent de s’accumuler pour toutes les grandes classes chimiques
PlasticHealthAware: Presenting the Latest Meta-Analytical Findings on Plastic Chemicals and Human Health
Une revue parapluie publiée par Boston College et la Fondation Minderoo, s’appuyant désormais sur 196 revues systématiques et 6 841 méta-analyses, constate une progression continue des preuves statistiquement significatives de nocivité des bisphénols, des phtalates et des PFAS. Les nouveaux résultats comprennent un risque accru d’effets indésirables chez les nourrissons, de complications de grossesse, d’altération du taux de cholestérol chez les enfants et de réponses vaccinales réduites.
Des concentrations significativement plus élevées de microplastiques et de BPA détectées chez les patients sous hémodialyse, suggérant que les équipements de dialyse constituent une source d’exposition
Concurrent Assessment of Micro and Nanoplastics and Bisphenol A in Non-Dialysis Chronic Kidney Patients and Hemodialysis Patients: Results from a Cross-Sectional Human Biomonitoring Study Focusing on Sex-Related Patterns
Une étude de biomonitoring transversale mesurant les niveaux de micronanoplastiques dans le sang et de BPA dans les urines de patients atteints de maladie rénale chronique, de patients sous hémodialyse et de sujets sains révèle des concentrations significativement plus élevées chez les patients dialysés. Ces résultats désignent les équipements médicaux à base de plastique comme une voie d’exposition supplémentaire et cliniquement pertinente, au-delà de l’alimentation et de l’environnement.
La propriété des actifs polluants, et non seulement la production ou la consommation, redessine la responsabilité des émissions
Global inequalities in ownership-based carbon footprints
Une étude du World Inequality Lab estime les émissions « par propriété » sur 197 juridictions entre 2010 et 2022, en rattachant les émissions aux détenteurs d’actifs via des données de richesse, de portefeuille et d’investissement étranger. La concentration dépasse celle de la richesse elle-même. Les grands pays d’Europe de l’Ouest ont réduit leurs émissions territoriales, mais pas celles qu’ils détiennent à l’étranger.
Les conditions météo propices aux incendies se sont fortement intensifiées en Europe du Sud, effaçant des décennies de progrès dans la lutte contre le feu
Major intensification of fire weather across southern Europe in recent decades
À partir des statistiques nationales d’incendies et de données de réanalyse pour le Portugal, l’Espagne, la France, l’Italie et la Grèce sur 1981-2025, les auteurs montrent que les jours d’été à conditions extrêmement propices au feu ont plus que doublé sur de larges parties de la région avec une intensité en hausse jusqu’à 50 % sur 2016-2025 par rapport à 1981-2010, alors même que le nombre de feux a diminué.
From Shedding to Solutions fait la une, de Forbes à Jakarta
Le rapport From Shedding to Solutions d’Earth Action a été repris par de grands médias spécialisés en développement durable et en économie, avec notamment une interview accordée à Forbes, une tribune publiée dans FashionUnited, et des articles dans BusinessGreen, Just Style et edie.
Le rapport a également touché des audiences en Indonésie, en Turquie, en Inde, en Australie, en Afrique du Sud et en Suède.
Sur les radars
Au delà de nos propres travaux, nous suivons les évolutions politiques, analyses et points de vue qui façonnent l’agenda de la durabilité. Cette rubrique met en lumière des développements et perspectives externes que nous jugeons incontournables.
Août aura été un mois d’application plutôt que d’adoption : l’essentiel s’est joué dans l’entrée en vigueur de textes déjà négociés, non dans de nouveaux engagements.
Deux instruments européens majeurs ont franchi une étape à quelques jours d’intervalle. Le 12 août, le règlement sur les emballages et les déchets d’emballages est entré en application générale, dix-huit mois après son adoption, remplaçant une directive de 1994 par des règles qui s’appliquent directement et de façon identique dans les 27 États membres. Parmi les mesures immédiatement applicables figure une restriction des PFAS dans les emballages en contact avec les aliments au-delà de seuils définis. L’essentiel des obligations phares du règlement, dont l’harmonisation de l’étiquetage et les objectifs de réemploi, s’échelonnera entre 2028 et 2030.
Le lendemain, le règlement (UE) 2026/1738 relatif aux exigences de circularité pour la conception des véhicules et à la gestion des véhicules hors d’usage entrait en vigueur. Il fusionne en un texte unique deux directives de 2000 et 2005 et impose un taux minimal de plastique recyclé dans les véhicules neufs, son application générale n’intervenant toutefois qu’en septembre 2028.
Sur le plan multilatéral, le président du CIN sur le traité plastique a diffusé un document d’aide aux négociations en amont des discussions informelles prévues à Bangkok (27 au 30 septembre). Des experts indépendants et des organisations de la société civile ont critiqué ce texte, le jugeant moins ambitieux que celui discuté à Genève l’année dernière, notamment sur les dispositions relatives à la production, aux produits chimiques et à la santé, tandis que le président maintient que le document est neutre sur le plan procédural ; une version révisée est attendue après Bangkok, les négociations formelles (INC-5.4) restant prévues pour la période du 13 au 24 mars 2027.
La masse ne dit pas tout : le regard d’Amila Abeynayaka sur la réduction des empreintes plastiques
Les empreintes plastiques sont trop souvent réduites à un seul chiffre : le nombre de tonnes utilisées ou jetées. Amila Abeynayaka, membre du comité scientifique de PFN, explique pourquoi cette approche passe à côté de l’essentiel : la composition, la fonction, le contexte régional, et le risque de déplacer les impacts d’un matériau, d’une région ou d’une étape du cycle de vie à une autre.
Ses travaux combinent études en laboratoire, modélisation et analyse du cycle de vie, avec pour objectif de donner aux décideurs, aux entreprises et aux praticiens les données et méthodes nécessaires à une réduction fondée sur des preuves.
Grâce aux modules sectoriels de PFN, des pneus aux textiles en passant par la construction, elle voit un chemin qui va de la mesure à une action systémique réelle, un chemin qui relie aussi les réalités du Nord et du Sud.
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©EA – Earth Action SA
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