Auteur : Vincent Duffau
Earth Action a confié à Vincent la mission d’insuffler une nouvelle dynamique à notre développement. En catalyseur, il favorisera le déploiement de nos expertises pour les rendre plus accessibles et percutantes auprès de ceux qui façonnent demain. En accompagnant nos clients dans la transformation de leurs engagements environnementaux en actions tangibles, nous bâtissons des relations de confiance durables au service de leur performance globale.
Ton parcours couvre plusieurs secteurs industriels et culturels, de la construction à l’horlogerie, en passant par des collaborations avec des institutions et administrations publiques. Comment ces expériences ont-elles façonné ta compréhension des enjeux de durabilité dans les chaînes de valeur ?
Mon parcours volontairement varié m’a révélé que les défis de durabilité sont universels, mais profondément contextuels dans les chaînes de valeur. Comment passe-t-on de la direction des achats en multinationale aux stratégies RP pour le futur tramway vaudois, puis au développement d’activité dans le luxe ? Le fil rouge existe, une attention permanente à l’alignement des équipes support avec la mission de l’entreprise. Ces transitions m’ont profondément nourri. Dans le privé, nous restructurions les fonctions supports face aux risques de nos écosystèmes de production : par exemple les chocs comme les pénuries de matières premières ou l’évolution du cadre règlementaire exigent une résilience collective, où acteurs partagent les responsabilités, les impacts et les gains. L’expérience publique m’a fait prendre la mesure de la cohésion nécessaire entre projets-parties prenantes-territoires, pour forger des stratégies globales durables. En somme, les écosystèmes productifs sont vivants : ils intègrent, innovent, choisissent et avancent ensemble — et c’est précisément cette dynamique collective qui rend les démarches de durabilité réelles et durables.
Tu as une solide expertise en achats, traçabilité et relations fournisseurs-clients. Pourquoi penses-tu que la traçabilité et l’engagement des fournisseurs deviennent essentiels pour la qualité et la fiabilité des données environnementales, et plus largement pour des stratégies de durabilité efficaces ?
La traçabilité a été une étape passionnante, complétant idéalement mon parcours en supply chain. Son potentiel systématique côtoie des défis concrets : identification, implication fournisseurs, vérification à échelle, interopérabilité. Dans des secteurs mondialisés comme la construction, l’alimentaire, l’automobile ou le textile, elle se veut gage de qualité et d’une répartition équitable des coûts/responsabilités. Son déploiement, avec la transparence qu’il implique, s’avère plus complexe sur certains segments, en raison de la nature des produits ou des besoins de confidentialité des parties prenantes. On le dit : « la traçabilité est l’épine dorsale de la durabilité ». Elle révèle les vrais liens des chaînes de valeur et permet un reporting honnête — ce qui est réellement, pas ce qu’on souhaiterait. Avec la granularité adéquate, elle alimente des stratégies réellement opérationnelles : datasets vérifiés au-delà des simples déclarations — essentiels pour DPP/PEF et bilans carbone robustes — mais surtout actionnables pour piloter l’éco-conception et orienter les décisions achats. Dans ces systèmes cohésifs, les acteurs coproduisent des données fiables dans la durée — bien au-delà des efforts isolés. C’est précisément là que la complémentarité entre remontée d’information fournisseurs et maîtrise des facteurs d’émission — cœur de l’expertise d’Earth Action — fait toute la différence. Mon expérience sectorielle — horlogerie, construction, collectivités publiques — m’a appris que chaque filière a ses codes et ses leviers propres. C’est cette connaissance métier qui rend l’engagement fournisseurs crédible, la donnée fiable, et les footprints opérationnels. On ne parle plus seulement d’impact environnemental, mais de gestion des risques et de robustesse de chaîne. C’est un métier profondément humain. Chose étonnante, des personnes solides se trouvent encore derrière les ordinateurs. J’y ai noué des relations fortes avec clients et partenaires.
Qu’est-ce qui t’a attiré chez Earth Action, et qu’espères-tu apporter à l’équipe et à ses projets ?
Les relations nouées au cours des projets mènent souvent à des collaborations inattendues. C’est ainsi que Julien Boucher, alors mon client et CEO d’Earth Action, m’a proposé de développer leurs activités — un rôle affiné lors de nos footings ou sorties ski-rando ! J’ai saisi avec enthousiasme l’opportunité de plonger dans des diagnostics et stratégies de durabilité, sous l’angle business. Comment transformer les contraintes règlementaires en opportunités et modèles d’affaire — et comment rendre les stratégies environnementales opérationnelles dans les entreprises. Favoriser cette « traduction » qui tisse liens et dialogues entre experts durabilité, achats et direction, engage les équipes et fait faire des choix concrets. Les équipes EA maîtrisent des méthodologies reconnues, comme le montrent leur rapport From Pack to Plate, largement salué. Elles bénéficient déjà d’une communauté diversifiée, riche en confiance et sympathie. Mes expériences RP me pousseront à la faire gagner en maturité : créer dynamiques et synergies. Je garde précieusement les conseils de Pascal Meyer (fondateur de Qoqa), me décrivant sa construction patiente de la communauté des qoqasiens — une caisse de résonance, source d’énergie et d’idées intarissables. Au terme d’un congé parental étendu, les échanges que j’ai eu avec l’ensemble du comité de direction d’EA ont rapidement fait ressortir une envie mutuelle de collaborer. Je les remercie chaleureusement pour leur implication.
À l’avenir, quelles opportunités vois-tu pour renforcer l’impact environnemental au sein des chaînes d’approvisionnement ?
C’est une période délicate pour les entreprises, avec un setback environnemental fort. Les stratégies de durabilité outillées et aux données fiables émergent comme piliers du risk management : cartographie Scope 3/ressources critiques, bilans carbone et ACV opérationnels, documentation écosystèmes fournisseurs, modélisation CSRD-compliant. Les grandes entreprises s’y investissent pour sécuriser capitaux et chaînes, en alignant durabilité et business value. C’est un axe qui m’intéresse particulièrement, EA également. Je me réjouis d’y avancer ensemble.